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L’impact de l’anxiété sur les hormones

Par Marion Baudier Melon, experte nutri-thérapeute

 

Quand on se sent anxieux, on a surtout l’impression d’en faire l’expérience dans notre tête puisque l’anxiété émane le plus souvent de stress émotionnel et psychologique. Mais aussi souvent dans notre corps : boule au ventre, gorge nouée, palpitations… les manifestations physiques de l’anxiété sont nombreuses, et témoignent du fait que l’anxiété s’incarne dans notre physiologie. Intéressons-nous ici spécifiquement à l’impact de l’anxiété sur nos hormones.

 

Qu’est-ce qu’il se passe dans mon corps quand je suis anxieux ?

L’anxiété, peu importe son origine (travail, charge mentale, relations conflictuelles ou toxiques, actualité, événement marquant… la liste est infinie !) est une sous-catégorie du stress. Autrement dit, l’anxiété, au même titre que tous les autres types de stress, est un « challenge » pour notre corps.

Face à ce challenge, le corps va modifier son fonctionnement, sa physiologie, pour pouvoir se focaliser sur la gestion du stress et de l’anxiété en question. Ce changement se fait au détriment des fonctions normales que le corps gère quand il n’y a pas de stress. Parmi ces fonctions normales, il y a par exemple la digestion et l’absorption des nutriments, l’immunité, l’entretien et la réparation des tissus, la reproduction…

En effet, le stress est toujours considéré comme une priorité pour le corps, quelle que soit son intensité. En situation de stress et d’anxiété même moindre, le corps va donc « mettre en pause » la digestion, l’immunité, la reproduction… pour que le corps puisse mettre toutes ses capacités au service de la gestion du stress.

 

Les perturbations hormonales liées à l’anxiété

Les hormones reproductives et sexuelles font partie des éléments mis en pause en situation de stress ou d’anxiété puisque dans ce cas faire un bébé n’est pas la priorité ! La production de ces hormones comme la progestérone peut être inhibée ou réduite, l’ovulation retardée, et par conséquent la fertilité pas forcément au rendez-vous… ce qui se manifeste à travers toutes sortes de troubles comme les suivants :

  • syndrome prémenstruel (SPM) : il s’agit des multiples symptômes dont on peut faire l’expérience avant les règles (parfois dès l’ovulation) comme les fluctuations d’humeurs, la fatigue, les seins sensibles, les maux de tête… Le SPM est souvent présent en cas d’insuffisance de progestérone, or l’anxiété aura tendance à réduire la progestérone, et ainsi à causer ou à renforcer le SPM.
  • règles douloureuses : elles résultent souvent d’un excès d’inflammation dans le corps, un mécanisme nécessaire à la survenue des règles, mais qui crée des douleurs si elle est trop présente. Le stress ou l’anxiété créent naturellement de l’inflammation, ce qui peut contribuer à causer ou intensifier des douleurs menstruelles. L’inflammation chronique est d’ailleurs un facteur phare de l’endométriose, un dérèglement hormonal caractérisé par des douleurs menstruelles souvent très importantes.
  • cycles menstruels perturbés : en cas d’anxiété ou plus généralement de stress, le corps peut perturber ou inhiber l’ovulation, ce qui aura un impact sur la durée du cycle. Cela peut résulter en des cycles absents (aménorrhée), irréguliers, plus longs ou plus courts, parfois sans ovulation. Le stress et l’anxiété contribuent ainsi au syndrome des ovaires polykystique (SOPK), un dérèglement qui se manifeste souvent par des cycles longs, irréguliers, absents, ou sans ovulation.
  • sous-fertilité : le corps, via des perturbations d’ovulation, peut réduire la fertilité qui ne sera pas forcément au rendez-vous dans ce genre de situations.
  • libido à plat : la libido résulte des fluctuations hormonales du cycle menstruel. La libido augmente notamment à l’approche de l’ovulation, lors de la période du cycle où les femmes sont fertiles. Mais en cas d’anxiété ou plus généralement de stress, le corps peut empêcher ou retarder l’ovulation, ce qui se répercute sur la libido aux abonnés absents. Aussi, l’anxiété nous préoccupe psychologiquement et émotionnellement, ce qui nous rend indisponible pour l’activité sexuelle et peut ainsi couper la libido.
  • périménopause/ménopause difficile : la réaction physiologique qui émane de l’anxiété peut participer à intensifier tous les symptômes de la périménopause et de la ménopause : prise de poids, difficulté à en perdre, maux de tête, bouffées de chaleur ou sueurs nocturnes, libido réduite, sécheresse vaginale…

L’anxiété, et plus généralement le stress, est donc l’ennemi numéro 1 de nos hormones. Il est ainsi primordial de réduire et de mieux gérer l’anxiété pour pouvoir apaiser nos symptômes hormonaux.

 

Les plantes pour apaiser l’anxiété et réguler les hormones

Du fait de leur teneur en micronutriments, antioxydants et oligoéléments, les plantes sont nos alliées. Parmi les plantes qui peuvent réguler nos hormones et apaiser l’anxiété, on trouve :

  • shatavari : cette plante de la famille de l’asperge favorise l’équilibre hormonal et émotionnel. C’est une plante adaptogène, c’est-à-dire qu’elle permet d’adapter notre physiologie en fonction des paramètres à l’œuvre. En l’occurrence, c’est LA plante adaptogène hormonale à tous les âges et pour tous les soucis féminins, et elle agit en plus sur le stress. Elle est par exemple intéressante en cas de syndrome prémenstruel, pour favoriser la fertilité, pour apaiser les symptômes de la périménopause… Cette plante est donc définitivement un « tout en un » pour la féminité ! 
    A retrouver dans l’infusion Au Féminin de Pukka.
  • ashwagandha : une plante elle aussi adaptogène qui permet de moduler notre réponse physiologique au stress. En plus d’apaiser le stress et l’anxiété elle favorise directement la libido et le plaisir féminin. Une étude montre que des femmes ayant pris de l’ashwagandha au quotidien pendant un mois ont vu des progrès significatifs au niveau de leur capacité à l’excitation et à atteindre l’orgasme. Enfin, l’ashwagandha favorise aussi le sommeil, souvent perturbé en cas d’anxiété.
    A retrouver dans le complément Ashwagandha Holistique de Pukka.
  • tulsi : autrement appelé basilic sacré, le tulsi est lui aussi une plante adaptogène qui permet également une modulation de notre réponse aux stress et un meilleur équilibre émotionnel.
    A retrouver dans l’infusion Tulsi Clarté d’Esprit de Pukka.
  • lavande, rose et camomille : ces trois plantes calment le système nerveux, apaisent l’esprit, peuvent aider à modérer l’hypersensibilité et encourager l’équilibre émotionnel qui peut être mis à mal en situation d’anxiété. La camomille a aussi des propriétés anti-inflammatoires, idéale donc pour apaiser l’inflammation qui découle de l’anxiété et qui perturbe les hormones, et favorise le sommeil souvent impacté en cas d’anxiété.
    A retrouver dans l’infusion Amour de Pukka.

 

Astuces lifestyle pour calmer l’anxiété

En plus des plantes qui nous accompagnent pour apaiser le stress et réguler nos hormones, quelques petits réflexes ou rituels peuvent eux aussi nous guider vers une vie et des hormones en harmonie :

  • marcher au contact de la nature : marcher dans la nature est efficace pour réduire le stress et l’anxiété. Des études récentes montrent que c’est d’ailleurs plus bénéfique que d’être exposé à des images de nature (à la télévision par exemple) ou que de marcher sur un tapis de course. D’autres études montrent que faire des « bains de forêts » (traduction littérale de forest bathing en anglais), c’est-à-dire marcher dans la forêt et respirer l’air pur, peut significativement réduire le stress et l’anxiété.
  • respirer profondément au niveau du ventre : en situation d’anxiété, la respiration devient superficielle, peu profonde et thoracique. Or il nous est possible de contrôler notre respiration : en prenant quelques minutes plusieurs fois par jour pour respirer profondément, lentement et avec le ventre détend notre système nerveux et estompe l’anxiété.

En parallèle de ces plantes et astuces pour réguler notre physiologie et nos hormones en cas d’anxiété, il est toujours primordial de tenter de couper l’anxiété à la source. Demandez-vous : quelle est la cause de l’anxiété ? puis-je agir pour la supprimer ? Si oui, alors n’hésitez pas à mette en œuvre ce qui pourrait éliminer ne serait-ce qu’une seule source d’anxiété dans votre vie.

 

Références

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